Des pommes sans intrants de synthèse

La ferme Bioshuurke : 8 ha, dont 6,5 ha de pommiers, 1 ha de poiriers et 0,5 ha de pruniers et cerisiers.

Ce n’est pas facile, mais je peux gagner autant qu’en produisant des pommes traitées aux pesticides.

Danny Billens est producteur de pommes bio. Fort de 25 ans d’expérience, il possède un verger sur 8 hectares dont 6,5 hectares de pommiers, 1 hectare de poiriers et 0,5 hectare de pruniers et de cerisiers.

Production

Les fruits sont pour l’essentiel vendus à des grossistes, sur des marchés bio et par le biais de paniers bio. Les fruits de qualité moindre sont pressés (jus de pomme) et utilisés en pâtisserie dans la boulangerie de sa fille.

Né dans une famille d’agriculteurs, Danny est pâtissier de formation. Il a commencé à cultiver des pommes en 1987, puis est passé en bio en 1990 car il ne voulait plus utiliser de pesticides. Des producteurs de pommes néerlandais et allemands lui ont beaucoup appris sur les alternatives aux pesticides, mais aussi sur les techniques de contrôle des ravageurs et de gestion des maladies. Danny travaille avec un employé et des ouvriers saisonniers.

Leurs pratiques agro-écologiques en bref

  • Utilisation de techniques de contrôle biologiques : application minimale de pesticides acceptés par l’agriculture bio, car Danny est convaincu de l’utilité de la plupart des organismes présents dans ses vergers (notamment la guêpe parasitoïde, le perce-oreille et la coccinelle).
  • Adoption d’approches ayant un impact positif sur l’écosystème.

Informations techniques

Alternatives aux pesticides de synthèse

Danny utilise du sulfate de cuivre contre la tavelure, la maladie qui cause le plus de dégâts aux pommes, mais uniquement au printemps en préventif, et à une concentration dix fois moins élevée que ce qui est recommandé sur l’emballage (300 à 500 g/ha). Le bicarbonate (de sodium/calcium) est une alternative au sulfate de cuivre.

Le soufre et la bouillie sulfocalcique (bouillie nantaise) sont d’autres solutions. Le choix de l’un ou de l’autre dépend de la météo. En période de fortes pluies, Danny préfère la bouillie sulfocalcique, moins rapidement délavée par la pluie.

Le spinosad, un produit à large spectre, et le pyrèthre ne sont généralement appliqués qu’en cas d’urgence, car ils sont aussi nuisibles aux insectes bénéfiques tels que les coccinelles et les perce-oreilles. C’est pourquoi Danny n’en applique qu’au début du printemps, avant l’apparition des coccinelles et perce-oreilles, principalement pour combattre l’anthonome du pommier.

Les pièges à phéromones constituent un nouveau traitement efficace contre le carpocapse de la pomme. L’odeur qui attire les insectes mâles est pulvérisée sur l’ensemble du verger, de sorte qu’ils sont incapables de localiser les femelles pour s’accoupler.

Pour éviter les dégâts causés par les chenilles, Danny privilégie les toxines bactériennes telles que le Bt (Bacillus thuringiensis), qui agit de manière plus ciblée.

Lorsque le puceron rose du pommier pose problème, le producteur utilise du NeemAzal, un insecticide obtenu à partir du neem (Azadirachta. indica), qui détruit uniquement ce ravageur. S’il est assez efficace, le moment de son application est en revanche essentiel.

Prévention des ravageurs

Dans la production de fruits, l’efficacité des méthodes de lutte contre les ravageurs et maladies se joue parfois à quelques heures. Le printemps (fin mars – début juin) est la période la plus critique en termes de maladies et d’infections. Disposer d’informations précises sur la météo étant essentiel, Danny est connecté à la station météo pcfruit npo, qui fournit des données heure par heure (température, humidité). Il peut ainsi réagir rapidement en cas d’infestation imminente.

Les fleurs qui poussent dans le verger de Danny sont destinées à nourrir les populations d’insectes bénéfiques (perce-oreilles, guêpes, chrysopes et coccinelles). En bordure des champs, il sème un mélange de graines de plantes à pâturage et laisse pissenlits, pâquerettes, renoncules et autres herbes folles fleurir entre les arbres.

Gestion des adventices

Les adventices posent peu de problème sur l’exploitation, excepté les mauvaises herbes se propageant par les racines telles que les orties, chardons et oxalis, qu’il retire à la bêche. Les rangs d’arbres sont désherbés mécaniquement. Cela représente beaucoup de travail, mais Danny considère que c’est la meilleure solution. Son système intercalaire permet aux petits adventices à fleurs de pousser entre les arbres un rang sur deux, tandis qu’il tond les autres rangs.

Plus de détails dans le rapport de Greenpeace : Pommes empoisonnées – Mettre fin à la contamination des vergers par les pesticides grâce à l’agriculture écologique, p44-48

Informations économiques

  1. Station météo : la station météo est la propriété de Proefcentrum Fruitteelt vzw (pcfruit npo). Ce service, facturé 200 €/an, permet à Danny de télécharger des informations sur son smartphone.
  2. Divers produits utilisés : Danny a constitué un groupement d’achat avec 15 autres agriculteurs bio. Ils peuvent ainsi négocier de meilleurs tarifs et obtenir des réductions pour des achats en gros.

La surveillance minutieuse et l’apport de biodiversité sur son exploitation permettent à Danny de minimiser les intrants (tels que les pesticides bio) pour se concentrer sur la santé à long terme et la résilience de sa ferme. En outre, le producteur investit dans les technologies modernes.

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La ferme Bioschuurke

Condijstraat 44, 1755 Oetingen - Gooik, Belgique

Chiffres clé

  • 6.5 hectares de pommiers
  • 1 hectare de poires
  • 0.5 hectare de prunes et cerises
  • 1990 conversion en bio

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