Le verger de Ludo

La ferme de Ludo : 20 ha de vergers extensifs pâturés

Une terre saine, une nourriture saine, des gens sains : voilà ce qui motive mon travail. Les produits agrochimiques ne peuvent donc pas m’apporter une quelconque satisfaction dans mon travail. Et sans satisfaction au travail, impossible de goûter aux fruits sucrés de l’existence – ni aux pommes saines des arbres.

Je me suis installé en 2013 et je suis le seul à travailler sur la ferme, aidé par des bénévoles.

La production est variable d’une année sur l’autre, il est impossible de prévoir les rendements. Cette année a été moins bonne, je compte sur 40-50 tonnes de pommes.
Nous plantons de nouveaux arbres fruitiers dans notre verger, notamment des pommiers, poiriers, pruniers, cerisiers, alisiers et sorbiers. Les jeunes arbres de variétés traditionnelles et régionales sont cultivés depuis la graine sur des porte-greffes vigoureux.

Nous envisageons à l’avenir de cultiver un large spectre de variétés fruitières. À l’heure actuelle toutefois, nous n’avons ni les capacités humaines et financières ni l’ambition de transformer nos produits nous-mêmes. Nous vendons nos fruits frais et nos variétés de pommes peuvent être stockées longtemps.
Pour le moment, le verger contient plusieurs noyers et poiriers d’hiver, en plus des pommiers.

Ses pratiques agro-écologiques

Par quoi avez-vous remplacé les néonicotinoïdes sur votre exploitation ? Quelles sont vos méthodes, vos pratiques ?

  • Les arbres matures et productifs ne sont pas traités et nous n’utilisons aucun autre produit de synthèse pour contrôler les ravageurs ou les maladies sur nos arbres. Les premières années qui suivent la plantation, nous retirons mécaniquement les pucerons et les psylles du poirier, ou nous traitons les jeunes arbres avec des extraits végétaux fabriqués maison.
  • Dans le verger, nous essayons de favoriser la nourriture et les abris des prédateurs naturels des ravageurs. En outre, la pâture des bêtes au verger contribue indirectement à réduire la tavelure du pommier.

Comment décririez-vous les avantages et les inconvénients de cette méthode ? Combien cela coûte-t-il ?

  • Parmi les avantages, citons les coûts bas, l’environnement de travail sain et agréable, et l’indépendance vis-à-vis de l’industrie chimique. Grâce à notre travail, d’anciennes espèces donnent des fruits dépourvus de résidus chimiques. On retrouve ainsi le goût d’origine de fruits bons pour la santé.
  • Les rendements imprévisibles et les épisodes d’attaques de ravageurs et de maladies figurent parmi les inconvénients. Nous n’avons jamais recouru aux traitements chimiques sur notre verger, et nous n’envisageons pas de le faire à l’avenir.

Pendant les étés humides, les maladies fongiques, qui attaquent les fruits et les feuilles des pommiers et poiriers, sont problématiques.

La tavelure du pommier, l’oïdium et la moniliose endommagent les fruits et les feuilles. Ces maladies peuvent être limitées par un éclaircissage suffisant des arbres et le pâturage régulier du verger (un seul pâturage régulier sur l’ensemble du verger à la fin de l’été ; le reste du temps, les animaux paissent sur des parties ciblées en cas de besoin). Les autres mesures exigent trop de main d’œuvre, sont trop coûteuses ou inefficaces dans un verger d’agriculture extensive tel que le nôtre.

La conception du verger cherche à se rapprocher d’un agroécosystème naturel et vise la stabilité environnementale. Elle associe pâturage et abri pour les bêtes grâce aux arbres poussant de manière spontanée dans le verger, avec leurs cimes aériennes non taillées. Actuellement, on dénombre plus de 90 variétés de pommes (dont environ 11 variétés de pommes d’origine) et plus de 40 variétés de poires (certains arbres, très jeunes, ont une production assez faible) sur le verger. En associant les variétés adaptées aux conditions locales, une gestion mécanique du feuillage (élagage d’hiver), la densité appropriée d’animaux et une certaine biodiversité, nous essayons de favoriser un agroécosystème harmonieux, capable d’atténuer les facteurs de stress liés au climat, aux maladies et aux ravageurs.

Ce genre d’écosystème agricole naturel ne garantit pas un rendement maximal chaque année, et les fruits n’ont pas toujours un aspect parfait. En revanche, il présente l’avantage d’une agriculture durable n’introduisant aucune substance extérieure dans son écosystème ou dans les fruits, que nous voulons garder propres et sains.

Il s’agit d’un modèle agricole traditionnel ayant recours aux connaissances modernes sur l’agriculture écologique et la protection de l’environnement.

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Chiffres clé

  • 20 hectares de prairie
  • 40-50 tonnes de pommes par an
  • 2013 date d'installation

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