Des légumes et légumes secs en biodynamie

La ferme Trinity : 40 ha de légumes et légumes secs et un troupeau de moutons

L’exploitation existe depuis 1921. Alexandra Tsiadi, descendante de trois générations d’agriculteurs, l’a convertie à l’agriculture écologique et biodynamique. Sur une surface de 40 hectares, elle cultive céréales, légumes et légumineuses, élève un troupeau d’ovins et a planté près de 2 500 arbres contribuant à l’équilibre de l’écosystème. Elle tire le meilleur parti de la composition du sol et du microclimat et réduit les interventions artificielles au minimum. Guidée par le respect des êtres humains et de l’environnement, elle a élargi cette philosophie à l’écosystème dans son ensemble.

Nos oignons, haricots, maïs et avoine poussent côte-à-côte de manière saine et vigoureuse sans usage d’intrants chimiques. Guidés par le respect des êtres humains et de l’environnement, nous avons élargi cette philosophie à l’écosystème dans son ensemble. Récemment, nous avons commencé à faire découvrir à nos visiteurs notre cuisine maison, préparée avec nos propres produits. C’est toujours un grand plaisir de les voir se régaler, et une opportunité de communiquer sur notre approche biodynamique de l’agriculture !

Leurs pratiques agro-écologiques

La fertilité du sol, la croissance des végétaux et la gestion du bétail sont considérées comme des tâches écologiquement interconnectées. L’approche biologique de l’agriculture adoptée par Alexandra est fondée sur la volonté de cultiver des produits sains sur une terre saine et s’articule autour d’un cycle continu d’utilisation des ressources. L’alimentation animale est produite exclusivement sur l’exploitation, et les cultures sont replantées après la récolte suivant un système de rotation soigneusement planifié. Cette approche permet d’atteindre l’équilibre parfait entre emplacement géographique, êtres humains, plantes et animaux.

Informations techniques

Le recours à un système bien rodé de rotation des cultures contribue à maintenir l’équilibre de l’écosystème et à minimiser les maladies et les dégâts causés par les insectes, tout en évitant l’épuisement des sols. Alexandra consacre toujours beaucoup de temps à réfléchir aux cultures de l’année suivante et à leur emplacement. Son objectif est de conserver l’équilibre entre céréales, légumes et autres cultures d’une part, et légumineuses améliorant la fertilité du sol d’autre part.

En outre, elle fait de son mieux pour exploiter les réactions « chimiques » des plantes, en prenant très au sérieux les plantes compagnes. Ainsi, elle plante chaque année des rosiers avec son ail, et évite d’associer des plantes qui ne s’apprécient pas.

Les arbres jouent un rôle pivot en contribuant à l’équilibre de l’écosystème et à la protection contre les aléas climatiques : remparts contre le vent et aimants à nuages, ils abritent oiseaux et autres créatures utiles, apportent de l’ombre aux cultures l’été et atténuent le vent en hiver.

Le labour du sol, rarement effectué afin d’éviter de remonter des couches de sol moins fertiles à la surface, ne dépasse généralement pas 25 cm de profondeur. La déchaumeuse à disques est elle aussi rarement passée. Pour briser les grosses mottes de terre, elle utilise un cultivateur lourd doté d’un cylindre à l’arrière (modification apportée sur place à la machine d’origine). Pour préparer la terre avant les semis, un cultivateur est passé une ou deux fois sur la parcelle.

Alexandra essaye de maîtriser les adventices plutôt que de les éliminer totalement et ce pour des raisons de coût, mais aussi à cause de leur contribution à l’environnement de l’exploitation : elles fournissent notamment un habitat à des insectes utiles, ce qui peut être bénéfique aux cultures, etc. Quoi qu’il en soit, garder la maîtrise des adventices est une gageure. En général, elle désherbe ses cultures à la main, surtout les cultures maraîchères. En effet, même après le passage d’un outil monté sur tracteur, le désherbage à la main reste indispensable près des plantes. C’est l’un des plus importants postes de dépense. Pour les céréales, le cultivateur à dents utilisé vers le stade trois feuilles est très efficace pour retirer les petites adventices et aérer le sol.

Les cultures sont irriguées l’après-midi et le soir ou tôt le matin, afin de minimiser l’évaporation de l’eau.

L’application de préparations biodynamiques au moment opportun constitue un pan important de la méthode agricole d’Alexandra. Les doses et la fréquence d’application doivent absolument être adaptées aux conditions de l’exploitation, à la météo, etc. Par exemple, lorsqu’Alexandra a pulvérisé de la silice de corne (préparation biodynamique 501) sur ses carottes à trois reprises, les fanes ont brûlé ; ce type de pulvérisation est mieux adapté aux régions du nord, moins exposées au soleil.

L’agricultrice n’a été confrontée à aucun cas sérieux de maladie : d’une manière générale, ses cultures sont saines. En cas d’attaque par un insecte ou de maladie, elle essaye des pulvérisations à base de plantes, telles que l’ortie, la prêle, la camomille, etc. Elle passe toujours beaucoup de temps à déceler l’origine du problème, qui est censé provenir d’un déséquilibre de l’écosystème.

Les attaques d’insectes sur les céréales stockées immédiatement après la récolte constituent un sujet d’inquiétude sérieuse, car aucun insecticide chimique n’est utilisé. Si les attaques sont moindres sur un produit bien équilibré, elles n’en restent pas moins un problème grave. Alexandra utilise la poudre SilicoSec pour prévenir les attaques d’insectes sur les céréales stockées, à raison d’1 cuillérée à soupe par sac de 50 kg.

Pour ce qui est des bruches (insectes s’attaquant aux récoltes stockées), un traitement efficace consiste à associer réfrigération et congélation après la récolte. Cela fonctionne surtout avec les lentilles et les haricots, moins avec les pois chiches.

Alexandra recycle : lorsque les carottes sont triées après la récolte, les produits de catégorie A sont vendus, ceux de catégorie B (moins présentables, aux extrémités cassées) sont transformés en condiments, tandis que la catégorie C est donnée aux animaux et la catégorie D est compostée.

Informations économiques

  • Le tarif moyen à l’heure pour le travail manuel est de 5 €.
  • Équipement pour les cultures : cultivateur à dents 10 000 € ; épandeur de fumier 12 000 € ; pulvérisateur 500 litres 1 500 €.
  • Il est possible de pratiquer des prix plus élevés car de nos jours, les consommateurs apprécient la qualité des produits et comprennent la hausse des coûts de production ainsi que la baisse des rendements.
  • Nombre d’associés et d’ouvriers : 3 plus les saisonniers pour la plantation, le désherbage, la récolte, le tri, etc., et les sous-traitants pour certaines tâches telles que la moisson des grandes cultures.

la ferme Trinity organise des journées portes ouvertes à la ferme pour promouvoir ses pratiques et ses produits.

Partager ce cas pratique

La ferme Trinity

Terpsithea Larisa 41500

Chiffres clé

  • 1921 date d'installation
  • 40 hectares de céréales et légumes
  • 2500 arbres plantés

Télécharger ce cas pratique