Les tournesols d’Albena

La ferme d’Albena : au total 275 ha (céréales, cultures maraîchères et vignes) dont 70 ha de grandes cultures bio, 30 ha de vignes bio, 100 poules, 60 truies et 15 bovins

La monoculture détruit la couche d’humus du sol et appauvrit la terre. Il faut davantage diversifier les cultures pour accroître la biodiversité dans les champs. Il n’est pas impossible de cultiver des céréales sans néonicotinoïdes – mes collègues et moi-même y parvenons. Il y a déjà 6 000 exploitations bio en Bulgarie, dont plus de 500 producteurs céréaliers qui se passent de ces produits. Cela signifie qu’une transition vers une agriculture utilisant moins ou pas de pesticides est chose possible.

Albena travaille dans le secteur agricole depuis 1999.

Son exploitation totalise 275 ha (céréales, cultures maraîchères et vignes) dont : 70 ha de grandes cultures bio, 30 ha de vignes bio, 100 poules, 60 truies et 15 bovins. Les céréales sont exportés ou transformés en Bulgarie ; certains légumes sont transformés pour le marché bulgare ; une partie de la viande est vendue sur les marchés de producteurs ; le vin est lui aussi distribué sur les marchés de producteurs, ou par d’autres circuits courts de distribution. La ferme cherche à développer ses exportations.

L’exploitation emploie 19 personnes à l’année et entre 50 et 80 saisonniers (notamment pour le labour, les récoltes et la taille de la vigne, tâches qui exigent davantage de main d’œuvre que les grandes cultures). Une personne s’occupe des tournesols : au printemps pour les semis à l’aide du tracteur, puis deux fois pour le labour et enfin pour la moisson.

Leurs pratiques agro-écologiques en bref

  • Production de tournesols bio sans pesticides ni traitement des semences. La rotation des cultures est obligatoire et Albena s’y tient tous les 8 ans ; la rotation comprend 5 cultures différentes, par exemple : 5 ans de luzerne, puis 1 an de tournesol, 1 an de blé, 1 an d’orge ou d’une autre céréale.
  • La pollinisation est essentielle pour un bon rendement, ce qui explique la présence de ruches (appartenant à un autre agriculteur) à proximité des champs.
  • La production bio restaure la biodiversité dans les champs, ce qui contribue à améliorer l’état du sol et à maintenir un rendement correct.

Informations techniques

  • Ce champ de tournesol en particulier présentera un très bon rendement, car la culture précédente, la luzerne, constitue un excellent engrais vert.
  • Il sera peut-être nécessaire d’ajouter des fertilisants organiques à certains moments, par exemple des acides aminés en application foliaire (absorbés par les feuilles des plantes).
  • L’une des cultures en rotation doit être un protéagineux, en raison de ses capacités à fixer l’azote dans le sol.
  • En Bulgarie, il est très difficile de trouver des semences qui ne sont pas enrobées. Lorsqu’on en trouve, le choix des variétés est malheureusement limité, mais le prix est plus bas.
  • Les semences peuvent être traitées au sulfate de cuivre, de couleur bleu, autorisé en agriculture biologique. Cela peut aider à les protéger si elles sont plantées tôt dans la saison, lorsqu’il fait encore froid. Elles sont désinfectées avec de l’eau et du sulfate de cuivre.
  • Lorsque certaines parties des champs de tournesols sont détruites par des ravageurs, il est possible d’en semer de nouveaux. Les jeunes plantes seront en outre bénéfiques pour les insectes pollinisateurs : leur floraison plus tardive apportera pollen et nectar aux abeilles et autres pollinisateurs.
  • Il est recommandé de semer les tournesols de manière plus dense qu’en agriculture conventionnelle ; cela contribue au contrôle des ravageurs présents dans le sol (par ex. le charançon).

Informations économiques

  • Le rendement du tournesol bio peut atteindre 2500 kg/ha (entre 2000 et 2500 kg/ha). Son prix est deux fois plus élevé que le tournesol conventionnel : environ 0,25 EUR/kg (0,5 BGN) pour le conventionnel, et 0,57-0,60 EUR/kg (1-1,20 BGN) en bio.
  • La fertilisation foliaire coûte entre 0,10 et 0,20 EUR/ha.
  • Des coûts supplémentaires peuvent être induits par la nécessité de semer à nouveau certaines parties du champ. Ces coûts dépendent des semences utilisées. En général, le prix des semences est fonction de la surface à semer.
    Aux yeux de la productrice, cultiver des céréales sans ajout de pesticides de synthèse (notamment de néonicotinoïdes) a un sens, tant du point de vue environnemental qu’économique : les prix en bio sont plus élevés et l’éventail de mesures écologiques modernes à disposition rend le pari faisable tout en donnant de bons résultats. Le travail en coopération avec d’autres agriculteurs et entreprises ouvre de nouvelles opportunités et joue aussi un rôle essentiel. Ainsi, les tournesols d’Albena sont envoyés dans une usine où ils sont transformés en huile. L’Association des agriculteurs biologiques de Bulgarie, dont Albena est l’un des membres fondateurs, a réalisé un excellent travail pour unir les producteurs et promouvoir l’agriculture bio.

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La ferme d’Albena

Village de Lyubenovo, Région de Pleven, Nord de la Bulgarie

Chiffres clé

  • 1999 date d'installation
  • 70 ha de surfaces agricoles
  • 30 ha de vignobles biologiques
  • 19 employés à plein temps

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