Petits plants, grandes ambitions

La ferme de Viskyar : 2,5 ha environ pour produire des plants de différentes cultures, essentiellement maraîchères.

Tout organisme vivant doit “manger et boire”. C’est ainsi que je conçois la croissance des végétaux. J’essaye de créer un environnement équilibré au jardin en permettant le développement d’une diversité d’espèces tout en laissant pousser certaines adventices afin qu’elles apportent les éléments nutritifs nécessaires au sol et aux cultures voisines. D’autres intrants, tels que les pesticides de synthèse, interfèrent avec l’équilibre écosystémique : dès qu’un ravageur est éliminé, un autre arrive, etc.

Gradina a commencé à travailler activement la terre de son jardin de 2,5 ha environ il y a près de 16 ans. Trois personnes s’en occupent et il produit essentiellement des plants de différentes cultures (essentiellement maraîchères) qui sont vendues, tout comme une partie de la récolte (tomates, pommes de terre, choux-fleurs et autres légumes ; pastèques et autres fruits).

Leurs pratiques agro-écologiques

Gradina préfère éviter de labourer sa terre. Il trouve que cela endommage le sol et les cultures par ricochet. Cela fait donc plus de 14 ans qu’il n’a pas travaillé sa terre et préfère recourir à des techniques moins préjudiciables au sol. Voici trois exemples de cultures intercalaires permettant d’éviter l’apport d’intrants tels que des pesticides ou des engrais de synthèse :

– La technique dites de « trois sœurs » consiste à associer maïs, courgettes (ou autre type de courge) et haricots. Il est aussi possible de ne planter que « deux sœurs » – haricots et maïs. Les légumineuses apportent de l’azote au sol, soutenant ainsi la croissance du maïs et des courges. Chaque espèce aide l’autre à combattre les ravageurs, à éviter l’évaporation de l’eau (en ombrageant le sol) et à fertiliser le sol. Cette technique de culture traditionnelle des Indiens d’Amérique du Nord peut aussi s’appliquer à la culture du maïs sous le climat d’Europe de l’Est notamment.

– Une autre méthode intercalaire consiste à associer différentes variétés de choux et de betteraves en vue de prévenir les infestations de psylles ou de pucerons. Planter du chou chinois, qui attire davantage les ravageurs, protège les autres choux et les betteraves.

– Alternance de rangs de pommes de terre et de choux : le chou protège la pomme de terre contre le doryphore, tandis que l’odeur de la pomme de terre éloigne la chenille blanche du chou.

Détails sur la technique des « trois soeurs »

Le maïs est planté en premier, puis les haricots et les courgettes lorsque la rafle du maïs atteint environ 10 cm. Les plants de maïs servent de tuteur aux haricots, qui en retour apportent de l’azote au maïs ; la courgette protège les autres cultures des adventices et retient l’humidité dans le sol. L’association des cultures permet de réduire les infestations de ravageurs.
Les cultures peuvent être plantées en quinconce ou en rangs alternés (maïs-haricots-courgettes, etc.). Au début, il est parfois nécessaire de creuser autour des pieds avant que les cultures soient suffisamment grandes et que les courges recouvrent le sol. Après la récolte, les résidus de culture (ceux des haricots en particulier) peuvent être enfouis dans la terre pour servir d’engrais vert.

Informations économiques

  • Cette technique améliore la fertilité du sol grâce aux haricots qui ont la particularité de fixer l’azote dans le sol ; de plus, cette association accroît la biodiversité, au jardin comme dans l’assiette.
  • Elle présente toutefois quelques inconvénients : il est difficile d’exploiter pleinement le potentiel de chacune des trois cultures. Il est en outre recommandé de planter une variété de haricots qui n’enserre pas le maïs trop étroitement. Exemple de rendement pour 50 m² de terrain, fluctuant selon l’année et les conditions météorologiques : maïs environ 20 kg, haricot 8 kg.
  • Les coûts varient en fonction des variétés de semences choisies

Pour le producteur, la plupart des problèmes dus aux ravageurs et au rendement peuvent être résolus en maintenant l’équilibre entre les différents éléments de l’écosystème. Le rôle de l’agriculteur consiste à expérimenter en associant différentes cultures et en observant les interactions qui en résultent. Reste ensuite à en améliorer les résultats l’année suivante. Il est indispensable de continuer à apprendre et à se perfectionner, afin de produire une nourriture saine pour tous, à la fois sur le plan nutritionnel et écologique.

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Chiffres clé

  • 2.5 hectares de jardin
  • 16 années d'activité
  • 3 jardiniers

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